Le peintre apprenti sorcier

Exposé

Je suis appelé, début 2025, sur place par une dame qui s'inquiète de l'aspect final de son ancien escalier intérieur en hêtre décapé et traité par un peintre professionnel.

En regardant les pots de peinture, elle découvre que ce produit est uniquement destiné à l'extérieur. En outre, le décapage de l'ancienne couche de vernis vitrificateur a laissé de nombreuses traces qui ne sont cependant pas visibles à plus de 2 m de distance.

Examen de l'escalier

C'est surtout le produit utilisé qui m'intrigue, car des défauts d'aspect qui ne sont plus visibles à 2 m de distance, sont considérés comme normaux par le CSTC.

Le produit de traitement utilisé est une huile protectrice UV EXTRA de la marque OSMO 420 de AKZO NOBEL.

Voici un extrait de la fiche technique :

La particularité de ce produit est, outre son usage uniquement extérieur résistant aux UV, de ne pouvoir être appliqué que sur des surfaces en bois verticales. Nulle part, on ne cite, par exemple, un caillebotis ou un plancher sur une terrasse.

Or, un escalier, c'est d'abord et avant tout des marches horizontales.

De plus, un escalier intérieur est totalement à l'abri des UV.

Une seconde particularité plus embêtante est que le produit contient un biocide, le propiconazole. Or, ce produit est toxique pour le flore, les animaux aquatiques, etc… et forcément les humains. Il n'est autorisé par l'Union Européenne que dans la filière bois et ce, jusqu'en 2025. Ensuite, il sera totalement interdit.

Commentaires

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Je joins en annexe la fiche technique de ce produit qui n’est d’ailleurs pas celui du devis OSMO COLOR.

Dès les premières recherches, on voit que ce n’est pas le produit adéquat pour des escalier intérieurs :

Parfaitement protégé contre le soleil - la première finition incolore qui protège des UV à l’extérieur !

Idéale pour toutes les surfaces verticales en extérieur : portes, fenêtres et volets, abris de garage, façades en bois, balcons, clôtures, pergolas, meubles de jardins et chalets.

Ce n’est pas du tout prévu pour des surfaces horizontales sur lesquelles on marche tous les jours. Je note en tout cas les avertissements suivants :

  • Domaine d’application : Idéale pour toutes les surfaces verticales en extérieur : portes, fenêtres et volets, abris de garage, façades en bois, balcons, clôtures, pergolas, meubles de jardins et chalets. Bref, toutes surfaces sur lesquelles on ne marche pas.
  • Enlever totalement les anciennes couches de vernis et de laques. Ça n’a pas été fait totalement partout.
  • Avis de sécurité : Tenir hors de portée des enfants. Éviter tout contact avec les yeux, la peau ou les vêtements. Contient du propiconazole (ISO). Peut produire une réaction allergique. En cas de consultation d’un médecin, garder à disposition le récipient ou l’étiquette. Utiliser seulement en plein air ou dans un endroit bien ventilé. Nocif pour les organismes aquatiques, entraîne des effets néfastes à long terme. Éviter le rejet dans l’environnement. 
  • L’Huile Protectrice UV OSMO 420 utilisée contient des biocides et n’est donc utilisable qu’en extérieur. Le biocide principal est le propiconazole qui est interdit en agriculture par l’Union Européenne depuis 2019, sauf dans la filière bois. L'occupante des lieux respire donc cette substance sans le savoir à l’intérieur de sa maison où l’escalier n’est pas du tout ventilé par les vents.

Le plus triste dans ce dossier est que le peintre avait prévu dans son devis OSMO COLOR, mais sur chantier, il a utilisé OSMO 420.

Conclusions

Il est évidemment très difficile pour un particulier de vérifier la qualité et la mise en œuvre des produits utilisés sur chantier. Il faut faire confiance à l'entrepreneur.

Mais, dans le cas présent, alors que j'ai failli intitulé mon exposé par "le peintre empoisonneur", j'ai préféré "le peintre apprenti sorcier". Lui non plus n'a sans doute pas lu la notice d'une huile utilisée à mauvais escient. Peut-être s'agit-il d'un stock qui lui restait sur les bras ! Quoiqu'il en soit, sa responsabilité est engagée et, s'agissant de la santé des occupants, elle est écrasante.

L'unique réparation possible est de tout décaper, d'abord avec un solvant inoffensif pour la santé, comme du white spirit non aromatisé, puis un nouveau ponçage fin et homogène de toutes les surfaces avant de mettre le nouveau traitement.

Franchement, de l'huile de lin parfaitement inoffensive aurait suffi, à mon avis.

Revenons à des produits naturels.


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