

Non, vous ne rêvez pas, le couvre-mur est fixé sur des panneaux contreplaqués, sans aucune étanchéité !
Voyons cela plus en détail.
- Les fixations des garde-corps traversent la tôle recouvrant les bords des terrasses.
- Les acrotères sont recouvertes de panneaux en contreplaqué sur lesquels, selon le détail technique, devait revenir totalement l'étanchéité des balcons.
- Mais l'étanchéité, quand elle existe, s'arrête uniquement au bord des panneaux sans les recouvrir.
- Résultats : des infiltrations dans le hall commun en dessous et dans dans les deux chambres voisines.

Même le couvre-mur dessiné au plan de détail est insuffisant pour garantir que les vents ne vont pas entrainer de l'eau en-dessous : à peine 5 cm de côté - 3 cm pour le panneau contreplaqué et le jeu pour les fixations du couvre-mur, cela ne laisse que 2 cm de recouvrement du crépis extérieur.
- On le voit bien au couvre-mur de l'acrotère des toitures plates sur le même immeuble.
- L'eau humidifie la tranche du panneau contreplaqué et s'infiltre derrière les crépis où le gel achève de les boursoufler et détacher de l'isolant qui est derrière.
- Les vents remontant de bas en haut sur cette façade ont tout le loisir d'envoyer de l'eau derrière, sans grave conséquence, si ce n'est un décollement progressif des crépis. Qu'en sera-t-il dans 5 ou 10 ans ?
Exposé
Je suis appelé pour déterminer les causes de nombreuses infiltrations aux toitures plates, terrasses et balcons de cette résidence de luxe et pour proposer des remèdes.
Les bords des balcons
À certains endroits, on constate l'absence d'une étanchéité sur les panneaux de contreplaqués à travers lesquels sont fixés les garde-corps.
Aux toitures, c'est le recouvrement insuffisant des rives en aluminium qui provoque des entrées d'eau vers les crépis et le bord des panneaux en contreplaqué.
Les tuyaux de descente
À chaque étage, les tuyaux de descente des toitures et des balcons inférieurs sont interrompus en dessous du dallage sur plot. L'eau qui se déverse de manière anarchique a donc tout le loisir d'humidifier par éclaboussures la base des murs qui ont, en principe une bavette DIBA en S au-dessus de l'étanchéité, bavette propice à un passage d'eau par capillarité vers l'intérieur des appartements.
Voici un détail sans et avec le tuyau de descente en noir.
Il suffirait de placer sous le tuyau de descente un coude pour éloigner l'eau et, ensuite, la faire revenir à l'exutoire suivant via le balcon.
Toutefois, l'entrepreneur et le promoteur avancent une autre théorie, à savoir une infiltration d'eau via les gardes-corps et l'absence d'étanchéité en dessous qui apporterait de l'eau sous le panneau de contreplaqué, puis sous l'isolation. Cette eau continuerait alors son chemin sur le pare-vapeur jusque l'exutoire qui n'est pas étanché à ce niveau, d'où un passage d'eau vers la structure en béton, les plafonds crépis et les murs des appartements.
Cette théorie ne tient pas debout, car on devrait alors avoir des infiltrations n'importe où aux plafonds des terrasses d'abord. Or, elles sont localisées chaque fois derrière des tuyaux de descente du côté intérieur.
Commentaires
En soi, c'est déjà une erreur de conception de poser les garde-corps en perçant les couvres-murs couvrant les bords des balcons. L'eau passera, de toute façon, par les vis et boulons d'ancrage des pieds des garde-corps. Ensuite, elle finira par traverser l'étanchéité, d'autant plus qu'elle est absente à certains endroits !
Et les faibles recouvrements extérieurs des couvre-murs sur les crépis sur isolant ne suffisent pas à empêcher des passages d'eau sous l'effet des vents dominants, comme le montre ce schéma démontrant qu'on peut avoir des vents de bas en haut sur certaines façades notamment.

Conclusions
Remplacer tous les garde-corps pour les mettre devant les balcons avec des fixations en porte-à-faux parait une solution difficilement envisageable. Elle est tout à fait possible cependant, mais elle sera très onéreuse puisqu'il faudra mettre des échafaudages partout ! Mais cela pourrait se faire en même temps qu'une restauration et mise en peinture des crépis.
- Comme le montre les dernières photos de mars 2025, il faudra peut-être choisir cette solution radicale. En effet, comment entretenir l'étanchéité et ses percements en dessous à un coût raisonnable ? Des consoles de soutien en porte-à-faux sont-elles envisageables, alors que les crépis sont posés sur 14 cm d'isolation, ce qui déforcera les fixations ? Où faut-il ensager des fications des balcons par en dessous aux plafonds ?
- Mettre des rondelles d'étanchéité à toutes les fixations entre tête des vis et couvre-murs ou entre boulons et pieds des garde-corps ? Intercaler une bande de roofing en dessous de tous les pieds des garde-corps sur les couvre-murs ? Remastiquer tous les trous faits dans l'étanchéité qui est en PVC ? Recouvrir tous les pieds par un roofing alors qu'on a les vitrages qui les coupent ?
Je suis très dubitatif sur la durée de ces interventions qui ressemblent plus à des emplâtres sur jambes de bois ou des soins palliatifs qu'à des solutions pérennes.
Les photos suivantes montrent les crépis 7 ans après la réalisation. Un autre article est en préparation pour ne traiter que leur évolution inesthétique très rapide.
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